Parcours

 


Originaire d’Auvergne, Nadine Bourgne, artiste peintre, est née à Issoire en 1967 et est installée depuis de nombreuses années à La Rochelle.
Aprés un passage dans l'Education Nationale, elle vit désormais de son art,

Sensible aux formes et aux couleurs, elle s’efforce de transmettre une subtilité presque impalpable sur des supports toile ou papier à l’aide de peintures acryliques, d’encres, de collages, de pastels sec ou gras en fonction de son humeur.
Fortement influencée par ses propres expériences de vie, elle décide de se servir de la toile pour y exprimer une multitude d'histoires personnelles tout en regardant le monde avec humour et parfois inquiétude? sans jamais faire de concessions.

En une formule très succincte, Nadine Bourgne évoque subtilement son art pictural : "Je réconcilie l'ordre et le désordre, la couleur et ses résonances, mais ma peinture restera tendrement agressive et follement solitaire". Je lisais, tout à l'heure, que cette artiste doute, qu'elle marche sur la falaise du désarroi. Ce sont toujours les artistes que le talent n'épargne pas, les artistes que le talent étreint au point de les faire suffoquer qui sont en proie au doute, à la détresse. Ici, chez Nadine Bourgne, il y a une oeuvre importante, originale, ardente. L'imagier brûle, grouille comme en force. Ces tableaux ont aussi des âmes de vitraux mis en joue par le soleil. Il y a une force, une solidité, une orchestration du chaos, une puissance de séisme ordonné. Une énergie faramineuse. Le fantôme du Cobra hante le travail singulier et personnel de Nadine Bourgne. Il y a un état d’ébullition dans ce travail pictural. Des éléments figuratifs habitent de grands orages abstraits. En même temps, ces intempéries vivent dans une sorte d'intimité, comme un monde intérieur et ses agitations révélés au regard de l'amateur d'art. Un univers intestin retranscrit dans ses états de nerfs, de fièvre, de rêve, de colère, de cauchemar, ses résurgences, ses saillies du passé, sa santé même. Comme la carburation de l'être mise à jour. La percolation de la vie en lui. Sans doute s'agit-il moins de lire que d'éprouver, de ressentir ce qui est montré.

Denys-Louis Colaux